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Tu n'es pas né pour te prendre la tête


DSR - Cahier

Ce cahier est assez rapide à lire, il n'est composé que de quatres paragraphes.

Il est disponible ci-dessous et par téléchargement au format StarOffice.

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Rythmé, anxieux, résonnait dans la pièce le bruit lancé par la machine à coudre. L’aiguille sautait, sans relâche, entraînant le fil dans le tissu. Un grand morceau de tissu blanc, fin, propre, détendu, glissa sous l’aiguille, et, tomba par terre. Derrière la machine, le beau visage de Chong se couvrit de sueur. Une mèche de cheveux se colla sur son front large, et, au coin du front, une grosse goutte de sueur descendit lentement vers sa joue, puis tomba sur son torse nu. L’angine tourmentait Chong. Il avala sa salive, et la douleur piqua sa gorge. Il abandonna la couture, et s’essuya le front avec son bras gauche. Cette rencontre entre le bras et le front provoqua une sensation désagréable, à cause de la sueur collée et pressée sur sa peau. Il sentit les maux de tête. La fièvre commençait à monter. Le tissu répandait un parfum qui lui donnait une sorte de nausée, et de vertige... Des enfants crièrent. Leur haute voix de gaieté entra par la fenêtre, puis fut submergée par la stridulation par la stridulation d’un moteur. Chong jeta un coup d’½il au dehors, par cette fenêtre ouverte qui se situait au neuvième étage de la tour dans le quartier du Fort d’Aubervilliers, et il aperçut une grosse moto passant à toute vitesse qui disparut. Il ne vit pas les enfants, dont on entendait à nouveau les cris. A ce moment, en sens inverse d’où était passée la moto, arriva un homme âgé qui marchait lentement, suivi de son chien qui était dans un état avachi. Le vieillard sortit de la vue de Chong, et le chien s’arrêta sous un arbre pour pisser. Un jeune couple, joli, tendre, détendu, passa devant le chien... Il faisait chaud en cet après midi de Juillet. Derrière l’arbre où se trouvait le chien, demeurait une pharmacie, apparemment déserte à ce moment de la journée. Seule, la croix verte de l’enseigne attira Chong et lui fit sentir quelque chose de bien. Il se leva. Abandonnant la machine à coudre et les tissus qui traînait par terre, il entra dans la cuisine. Une chinoise d’une quarantaine d’années, au joli visage marqué par la fatigue, occupait la pièce. C’était la mère de Chong. Elle était en train de pr&eacu train de préparer des raviolis. Tachée de farine, sa main, habilement, prit un petit morceau de pâte en forme de rond, mit dedans le farce, et le ferma. Elle posa le ravioli, puis reprit un autre morceau de pâte. Les uns à côté des autres, une centaine de raviolis s’étaient étalés sur la table. L’odeur du gingembre mêlée de sauce soja remplit la cuisine. Mais cela ne donna pas l’appétit à Chong. Il sentait toujours la douleur de l’angine. Tous ces raviolis étaient vendus à un restaurant chinois : c’était ça le travail de sa mère. Quant - à Chong, il faisait des chemises à très bas prix pour un grossiste, Monsieur Wong... Chong se dirigea vers le robinet et prit un verre d’eau. L’eau fraîche passa dans sa gorge et fit ressortir la douleur. Il regarda le filet d’eau qui chutait dans l’évier, et porta sa main mouillée à sa gorge. Sa mère lui demanda où en était son travail. Il répondait qu’il en était à la sixième pièce depuis ce matin et que la livraison de cinquante pièces pour le lendemain ne poserait pas de poserait pas de problème. Sa mère lui demanda s’il pouvait livrer les cent cinquante raviolis au restaurant. Chong lui répondit que oui, il pouvait. Il ne trouva pas autre chose à lui dire, il ne lui raconta pas son mal de gorge. Il s’apercevait des cernes sur le visage crispé de sa mère, et il les regardait attentivement. Il découvrit des rides au coin de ses yeux. Il éprouva de la tristesse pour sa mère. Il eut l’impression de sentir la tristesse qu’elle ressentait et de partager cette tristesse avec elle. L’étouffement et le silence emplirent la cuisine. Chong quitta la pièce, regagna la machine à coudre et se remit au travaille.

DSR00/

< Dans deux semaines/ je vais faire une croisière/ en Egypte/ avec mes parents... > lança Aude.

< GéniaIZE=4>< Génial/ moi/ je vais à Nice chez ma grand-mère... >  dit Thibaut.

< Greg/ La musique est trop moue/ met un peu de techno... > cria Carole du fond de la pièce.

< Alors/ Chong/ ça te branche/ la techno...>  demanda Greg.

< Met plutôt du reggae/ Ca te va le reggae/ Aude... >  lança Chong, en se levant du sofa. Il se dirigea vers elle et lui passa un joint à moitié consommé, puis, avec son verre déjà vide, il alla vers la table chercher quelque chose à boire et il trouva du whisky qu’il mit dans son verre en y ajoutant du coca-cola et il entrevit une assiette de raviolis au coin de la table, parmi des bouteilles, des verres et d’autres assiettes. C’était une soirée chez Thibaut avec des copains du lycée, et la veille, quand Thibaut lui avait parlé de la soirée, Chong lui avait dit qu’il emmènerait des raviolis au lieu d’une bouteille...  Réaction  de Bob Marlay résonna dans le grand appartement. Chong leva son tement. Chong leva son regard des raviolis et se retourna et regarda le grand salon bien décoré des parents de Thibaut : Greg tapait sur un tam-tam/ Carole roulait un joint/Aude entraîna Thibaut vers le milieu du salon pour danser... Chong les regarda, son verre à la main, et il retourna s’asseoir dans le sofa.  Aude est jolie* pensa-t-il. Il tira une grande taffe sur le joint, et cela le fit tousser et raviva la douleur de l’angine. Émoustillé, il regardait le corps fin d’Aude qui bougeait joyeusement, dans une jolie robe noire aux manches kimono. La chaleur gagna Chong. Sa vue devint floue. Et, il se noya dans sa pensée vague... Un vent tiède soufflait violemment contre lui~ Chong sentait ce vent frapper son visage~ Il entendait aussi le frémissement de sa chemise qui s’agitait dans ce vent et qui battait contre ses bras et son torse~ Il conduisait son scooter à toute vitesse sur le boulevard pour livrer les raviolis au restaurant~ Il connaissait bien cette route~ Il eut l’impression d’une habitude qui se répétait~ et~ qu’il se perdait étrangement de nouveau dans cette habitude~ Il reconnut ce sentiment d’être perdu~ qui était une sorte de confus~ de confus quotidien~ duquel il ne pouvait guère s’échapper~ L6;échapper~ L’odeur de friture se répandait dans l’air confiné de la salle du restaurant~ L’ombre pesait sur la lourdeur de cette salle vide~ Chong passa devant un mur décoré d’une grande peinture en bois laqué qui représentait naïvement un paysage chinois~ et il arriva devant une niche de statue de bouddha installée discrètement au coin de la salle~ Puis il tourna et entra dans la cuisine~ La cuisine était plus chaude et plus sombre que la salle~ Le fourneau à gaz lançait des flammes fortes qui étaient en train de chauffer une grande marmite d’où s’échappait de la vapeur~ Un immense congélateur en acier gris ne donna point à Chong la sensation de fraîcheur qu’il espérait~ car il resserrait encore l’espace déjà trop étroit et très mal rangé~ Chong vit~ face au mur~ le dos de son père devant un hachoir~ Il était en train de couper une poulet~ Il travaillait comme cuisinier dans ce restaurant~ Ils se saluèrent~ Son père continua son travail~ et Chong mit dans le grand congélateur les raviolis emballés dans des sacs en plastique~ Il dit à son père qu’il avait apporté cinq sacs de trente~ manq sacs de trente~ mais~ en réalité~ il n’en mit que quatre dans le congélateur et garda le cinquième pour la soirée chez Thibaut~ Son père~ toujours occupé par le poulet~ ne trouva pas grand chose à dire à Chong~ et Chong n’avait envie que de s’enfuir de cette cuisine asphyxiante~ Il s’en alla~ Sorti du restaurant~ Chong s’assit par terre tout près de son scooter~ Il alluma une cigarette~ Au moment où il éteignit son briquet~ instinctivement~ il posa son regard sur son vieux scooter~ une couche de poussière graisseuse s’accumulait sur la jante~ et il ressentit cela comme une offense~ Il inspira profondément la fumée de cigarette~ puis expira~ en sentant l’effet du tabac s’agiter dans ses poumons~ Pauvre père* pensa-t-il~ ce n’est pas une vie pour lui~ et moi~ comment vais-je terminer~~~ 

< Chong/ tu te prend la tête/ Vient danser avec nous... > cria Thibaut. Sa voix surpassa la musique. Chong se débarrassa des idées qui l’avaient amené dans le lointain, et il revint à la réalité du présent. Il posa son verre , puis alla rejoindre Thibaut, Aude et Carole. Chong dt Carole. Chong dansait. Il se libérait dans la mélodie enchantée, et faisait monter en lui la gaieté.

< Qu’est ce que t’as... > demanda Thibaut.

< Rien... > Chong mentait. Il ne se permettait pas de dévoiler les choses qui l’obsédaient. Les yeux de Thibaut brillaient, sous les effets de l’alcool et du haschich, et le bleu de ses yeux s’éclaira sur son beau visage souriant. Chong évita le regard franc et interrogateur de Thibaut, il prit la main d’Aude et se mit à danser avec elle, essayant de se sortir de son état de perplexité.

< Doucement/ Chong/ détend-toi... > lui lança Aude en riant. Chong lâcha la main d’Aude et se mit à danser se

< Tu pars où en vacances/ Chong... > demanda Aude. Chong ne partirait pas. < Tu ne pars pas en Chine... > demanda encore Aude. Chong ne partirait pas non plus en Chine. Il y a six ans, il était arrivé &agr;tait arrivé à Paris avec sa famille. Ca était un rêve de venir vivre en France. Et Chong gardait en lui ce rêve, même encore aujourd’hui. L’attirance de quitter son pays était un désir de refaire sa vie radicalement. Pourtant, il fallait le payer. En regardant les beaux yeux d’Aude pleins de tendresse, Chong sut qu’il n’arriverait pas à faire comprendre à ses amis ces choses. Il préférait de ne pas leur expliquer.

< ...non... > répondit Chong sèchement, puis, il tendit sa main vers Thibaut pour prendre le joint. Il tira deux grandes taffes et lui redonna. Je veux être content... Je suis content... *  pensa-t-il, et il s’arrêta de penser, et éclata de rire, et dansa vivement.


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Le bleu sombre et nuancé.

C’était le bleu du ciel de l’aube.

La sémi - obscurité, le silence, et la fraîcheur se joignirent et se composèrent dans l’ambiance de cet instant : entre la nuit et le jour.

Chong leva la tête pour regarder le ciel qui défila vers l’arrière, puis, il reposa son regard sur la route.

Dans le silence de l’aube, le bruit de son scooter résonnait fort sur le boulevard vide.

Il ralentit sa vitesse, mais le bruit ne baissa pas.

Il avait envie de se plonger dans le calme, la fraîcheur, l’obscur de ce moment.

Il était aussi beaucoup plus sensible aux bruits, au froid, et aux couleurs.

Il avançait lentement.

Il savait qu’il ne voulait pas rentrer chez lui, mais il ne savait pas où il allait.

Il aperçut le parc de la Villette juste à sa gauche, et il entra...

S’allongeant par terre, Chong examina la grand géode dressée devant lui.

Face à la luisante et au reflet de la géode, il se perdit dans une sensation de mystère, d’exaltation, d’illumination...

Et le son vibrant et moelleux sortant de la géode le mena vers l’illusion.

Il ferma les yeux.

Il sentit l’assoupissement gagner ses muscles, et il fit descendre sa respiration lentement et profondément vers son bas-ventre.

Le sommeil l’envahit. Pourtant, il ne voulait pas s ’endormir.

6;endormir.

Ici, il n’y avait que lui, seul, il voulait être lucide pour éprouver sa solitude.

Que c’était agréable, personne, pas de bruit, pas de conversation, pas d’engagement, ne restait qu’à soi-même, qu’à penser à soi, qu’à sentir le soi, qu’à connaître le soi.

Mais, Chong n’arrivait pas à maîtriser sa pensée, son sentiment, car sa pensée était imprécise et son sentiment était vaste.

Il n’éprouva que la lourdeur du temps le menacent, le dévorant, et il descendit gravement dans sa faiblesse.

Il continua à se détendre, à partir de sa peau, de ses muscles, en passant par ses viscères, jusqu’à sa pensée.

Il songea qu’il ne devait plus penser à rien, mais une idée, arriva dans sa têt arriva dans sa tête ~~~ la pauvreté~ j’en ai assez~ et je n’en veux plus~ * et il embarqua vers la tristesse. Pour s’empêcher de s’y enfoncer, il recourut à une cigarette.

Le son doux et mélodieux de la géode demeurait dans sa continuité.

Sa surface resplendissante refléta le ciel qui devint beaucoup plus clair - déjà le jour.

Quelques nuages se dégagèrent de la nuit et étendirent leur calme blancheur avant de s’épanouir dans le bleu pur du ciel sous la lumière du jour.

Les oiseaux chantèrent.

Du loin, les bruits de voiture arrivèrent de plus en plus.

Cette géode, enfin, ne pouvait plus faire rêver Chong, elle le ramenait désormais à sa réalité.

Il remonta sur son scooter.

Il était le temps de rentre à la maison.


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Chong se réveilla. Il ouvrit le rideau près du lit. Son drap tomba et fit voir son corps nu qui reçut les rayons du soleil. Il était midi. Il avait dormi pendant toute la matinée. Il était agréable de laisser son corps en contact direct avec le soleil sans le filtrer par le drap. Quelques secondes après, il se leva à moitié et, comme d’habitude, alluma une cigarette. Une traînée de fumée monta + s’envola + se répandit + se déforma + et se fondit dans la clarté du soleil. Chong examina cette fumée, puis, son regard se posa sur son corps : juvénile/ imberbe/ une peau lisse/ les muscles saillants/ + entre les jambes/ les poils de pubis denses qui ornaient son pénis: ni moue/ ni contractée/ était tée/ était en érection/ avec le gland sorti complètement du prépuce... Chong éteignit la cigarette et mit sa main sur son sexe. A ce moment, il pensa à Aude* à son visage + à son corps + à sa voix* Chong sentit un courant de chaleur circuler dans son sexe, et il endurcit dans sa main~~~  Comment il est* pensa-t-il* le corps nu d’Aude~~~ * et il sentit le plaisir agrandir en lui et il accéléra la vitesse de sa main, puis/ enfin: il jouit. Et, Aude restait toujours dans sa tête. Il enduisit le sperme sur son ventre, en le caressant~~~ Je vais voir Aude cet après-midi* pensa-t-il* Mais non~ il y a encore des chemise à coudre~ il faut que je les livre ce soir~ merde~~~  Il prit une deuxième cigarette... Et à la fin de la cigarette, la fraîcheur et la gaieté du réveil diminuèrent, et furent remplacées par une petite angoisse. Il sentit aussi que le soleil devenait plus chaud et que le sperme devenait sec et collant sur sa peau. Il regarde sa petite chambre: ses vêtements qui traînaient par terre/ son bureau= un tréteau un peu abîmé dans un coin avec par dessus ses études en désordre/ le long du mur s’entaillaient les tissus et les cartons avec des cartons avec dedans les chemises qu’il avait fait et qui attendaient d’être livrées/ seule= une affiche de Bob Marley sur le mur en face lui donna un peu de plaisir... Chong quitta de son lit. Il ouvrit sa porte. Ses parents n’étaient pas à la maison. Il se glissa dans la salle de bain qui comprenait une douche et une cuvette de toilette. Il ouvrit le robinet. L’eau froide tomba sur lui. Ce froid contracta son corps. Peu à peu, l’eau devint chaude, et Chang régla la température. L’eau le frappait. Son corps répondait à ce contact rythmé, régulier. Il eut l’impression que les pores de sa peau s’ouvraient pour accueillir cette eau agréable. Son corps se réveillait, son nerf de sensation se ravivait. Il frotta partout son corps, et à l’endroit où son sperme collait, sa main se sentit glisser. Il essuya l’intérieur du prépuce, pour faire partir ce qui restait. Maintenant* Aude n’occupait plus son esprit* et ce fut son angine qui revint. Il remarqua soudain: une partie de peinture jaune du mur qui était ébréchée, et les fissures se croisaient, s’entrelaçaient. Il caressa une déchirure, et un bout de peinture tomba tout à coup. Il ferma le robiup. Il ferma le robinet. Et, une scène du film d’Antonioni,  La nuit , où Jeanne Moreau médite devant un mur usé, flasha dans son esprit. Il avança et s’approcha de l’évier pour se brosser les dents. Sur son corps, l’eau coulait encore. Il le laissa sécher tout seul. Dans sa bouche, le dentifrice lui rendit une fraîcheur piquante. En frottant ses dents, il sentit l’odeur de tabac et d’alcool qui restait encore dans sa bouche. Il avait beaucoup bu et fumé la veille. Dans l’évier en porcelaine blanc, tombèrent des gouttes de dentifrice marron, qui contenaient non seulement de la saleté, mais aussi du sang. La brosse à dent abîmait sa gencive. Il rinçait plusieurs fois sa bouche, puis il cracha, et dans le petit miroir accroché au mur, il regarda sa bouche grande ouverte : ses dents, blanches, belles, bien alignées... Chong alla faire un tour dans la cuisine. La cuisine était toujours en désordre. Personne n’avait le temps ni le souci de la ranger. Une lassitude. Un grand bol de riz et une assiette de chou chinois sauté étaient disposés sur la table/ Sa mère les lui avait préparés pour manger à midi/ Mais il n’avait pas d’146;avait pas d’appétit/ Il ne prit que trois verres d’eau du robinet/ car il avait très soif/ Puis/ il regagna la machine à coudre et se mit à travailler... Le bruit de la machine commençait à l’énerver. Il était rarement gêné par le bruit de son scooter, mais cette machine à coudre, il la détestait. L’aiguille sautait + les fils traînaient+ le tissu avançait. Peu à peu, Chong pensa de nouveau à Aude* qui avait aussi des très belles dents~* Soudain, Chong arrêta la machine. Aude disparut de son esprit* et Chong vit que les points de couture qu’il venait de réaliser étaient de travers. Il alluma une cigarette et tira une grande taffe + Il tourna sa tête et aperçut le grand matelas au coin de la pièce qui était le lit de ses parents + Il se demanda si ses parents faisaient toujours l’amour + et s’ils s’épanouissaient + Il semblait que non + Ils étaient souvent tristes + Depuis longtemps Chong n’entendait plus de bruits sur ce matelas durant ses nuits d’insomnie + Il éteignit sa cigarette à moitié consommé. Il coupa le fil qui liait le tissu, défit la couture et la refit. Le bruit de la machine reprit. Et C machine reprit. Et Chong ne pensa plus à rien.



E_ET_T - Mini Roman (Part 1-2-3)

Ce mini Roman est composé de trois chapitres pour l'instant (à suivre..): E, ET et T.

Il est disponible ci-dessous ou par téléchargement au format RTF.


E1

Un plan à l’épaule sur un garçon indochinois: c’est Somn, vingt et un ans, qui a des cheveux noirs et courts, et la peau légèrement foncée. De très beaux traits s’inscrivent sur son visage. Il a un regard confus et mélancolique. Derrière lui, le mur est peint en noir et rouge. Son visage est comme incrusté sur le fond noir. Ses cheveux et son T-Shirt noirs renforcent encore la partie noire du mur.

En regardant directement la caméra directement la caméra, il parle ... < je ne suis jamais trop demandé qui sont mes parents et quelles sont mes racines/je n'ai pas de racine... >

/


E2

Le même cadrage que la séquence précédente sur une vieille dame chinoise.

C’est la grand-mère de Lin, qui est la protagoniste du film : elle a soixante-dix ans; ses cheveux sont tout blancs; son visage est rempli de rides. Elle a l’air très faible:

un regard obscure.

Devant le mur à couleur de tabac, elle nous regarde... < l'amnésie, je ne la souffre pas...>

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E3


ECRAN NOIR.

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ET1

La salle de séjour:

la grand-mère, avec un chiffon, lentement, essuie le vieux meuble.

Elle rince le chiffon dans une bassine, puis, à nouveau, elle essuie: un coup après un coup, le même endroit, et avec les même gestes.


ET2

rythmée, la musique règne dans une boîte de nuit

assise dans un coin, Lin, maquillé, coiffée, boit un gins, en fumant un joint.

sa robe noire en soie est distinguée par le rouge vif en cuir de son fauteuil.

Elle quitte son coin et va vers la piste de danse.

les lumières mitraillent une foule où chacun bouge son corps...

elle danse seule, i'll control

le rythme, i'll control

balance, i'll control

toujours, i'll control

l'intérieur, i'll control

elle danse seule.


ET3

C’est le matin:

Lin

prend le petit déjeuner avec

sa grand-mère...

... La table

est envahie par un grand silence...

Lin

verse le thé dans la tasse de

sa grand-mère...

LIN DIT ne lave plus les poupées - tu l’as fait il y a trois jours - et j’ai vu qu’elles sont encore trempées dans la baignoire ce matin... LA GRANDE-MERE DIT je l’ai fait il y a trois jours - je ne me rappelle pas - et je les e ne me rappelle pas - et je les trouve toujours sales... LIN DIT elles ne sont pas sales - elles sont très anciennes - ça ne changera pas – même si tu les laves tous les jours... LA GRAND-MERE DIT a vrai dire - je ne sais pas quoi faire à la maison - je m’ennuie ...

Un moment de silence...

Lin quitte la table et entre dans la salle de bain...

La baignoire est à moitié remplie d’eau. Les poupées sont noyées dedans: le soleil éclaire un tiers de la baignoire; le reste est dans l'ombre...


T1

Au mur bleu et vide de la chambre de Lin s’ajoute le ton chaud de la lumière de la lae la lumière de la lampe.

Dans sa chemise de nuit blanche, Lin demeure devant le mur

En longeant le mur, elle arrive devant la fenêtre et l’ouvre: dehors, c'est le noir de la nuit ...

Face à la nuit, Lin plonge dans son souvenir. Une scène se répète

Le cadrage à l’épaule sur la grand-mère. Derrière elle, se trouve Lin qui est devant un mur blanc. Au premier plan de l’image, ce sont les vieilles poupées qu’on a vu auparavant...

Toutes les deux regardent les poupées...

La grand-mère dit Quand j’étais petite, je jouais avec ces poupées, je les lavais...

La grand-mère prend une poupée et la caresse...

Lin se retourne face au mur. On voit son dos...

la grand-mère lève son regard des poupées vers la caméra …

Lin se retourne, elle regarde la grand-mère...

(revient l’image où Lin est seule devant la fenêtre)

Lin se retourne.

Elle quitte son souvenir.

Elle referme la fenêtre,

puis, retourne sur son lit

/


T2

s’allongeant à moitié dans le grand lit - la mère n’arrive pas à s’endormir - elle descend du lit et va vers l’armoire - elle l’ouvre - dedans se trouvent des habits de la grand-mère...

elle sort ces habits - les déplie - et les dispose sur le lit: les chemises, les pantalons, les vestes … de couleurs blanche, noire, bleu - il ne reste plus de place sur le lit - alors elle continue à les disposer par terre …

Cette installation des habits donne l’impression qu’il y a plein de figures allongées dans cette chambre …

/


T3

un après-midi paisible.

au bord de la seine.

l’eau ondule en une légèreté. Lin, suivie de sa mère, lentement, arrive sur le quai...

Le reflet estompé de l’image de Lin dans l’eau se casse graduellement.

L’eau s’agite sous un souffle de vent,

et l’image de Lin disparaît entièrement … ensuite, l’eau devient calme,

et maintenant,

c’est l’image de Somn qui flotte dans l’eau … et cette image, on l’a déjà vue:

le visage de Somn est pale.

Il a froid.

Il relève le col de sa chemise

et le tient autour de son cou.

il serre ses deux bras contre lui …

Il reste allongé.

il frotte son visage avec ses doigts.

il met un doigt

dans son nez pour le déboucher.

Il répète deux fois ce geste.

il s’aperçoit

que son doigt est couvert de sang.

De son nez,

le sang coule,

et arrive jusqu’à sa bouche …


Pareillement,

l’image de Somn dans l>l’image de Somn dans l’eau se brise, puis disparaît … Et, encore une fois,

l’eau redevient calme,

et cette fois ci,

c’est l’image de la mère qui se reflète dans l’eau … Elle se regarde …

Tout à coup,

la mère revient à la réalité …

Lin se met à marcher, toujours lentement. La mère la suit …

arrivées sur le pont de notre dame, elles passent devant des peintres qui sont en train de dessiner des portraits pour les touristes …( un travelling lent accompagne la fille et la mère, et les visages des peintres défilent dans l’image …)


Lin s’arrête devant une jeune fille blonde - on reconnaît celle dont Somn a fait les portraits – également - on reconnaît l’endroit où Somn travaillait …

La fille blonde remarque que Lin est devant d’elle, et lui demande «Un portrait?»

Lin lui répond par un sourire, en hochant la tête.

La mère, qui est toujours à côté de Lin, va s’asseoir sur le petit tabouret.

La fille blonde commence à dessiner le portrait de la mère...

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Updated: 2002/01/07 Author: Gnod-Multiple